Sous l'influence des trois poisons mentaux que sont l'ignorance, l'avidité et l'aversion, nous accomplissons de nombreuses actions négatives. Celles-ci se manifestent à travers trois domaines d'expression, traditionnellement appelés les trois portes : le corps, la parole et l'esprit.
Selon la loi du karma, des actions non vertueuses produisent des conséquences douloureuses pour soi-même et pour les autres. À l'inverse, des actions vertueuses engendrent des effets bénéfiques et favorisent le bonheur, la paix intérieure et le développement spirituel.
- Les trois actions non vertueuses en relation avec le corps -
- Tuer, ôter la vie à un être vivant, qu'il s'agisse d'un être humain, d'un animal ou même d'un insecte.
⇒ L'action vertueuse consiste à s'abstenir de tuer, à respecter et à protéger toute forme de vie.
- Voler, prendre ce qui ne nous a pas été donné, que ce soit par la force, la tromperie ou en secret.
⇒ L'action vertueuse consiste à respecter les biens d'autrui, à ne prendre que ce qui nous est offert, à cultiver le détachement et à développer la générosité.
- L'inconduite sexuelle, faire un usage inapproprié de la sexualité en causant du tort à soi-même ou à autrui, par exemple par la tromperie, la contrainte ou l'abus.
⇒ L'action vertueuse consiste à vivre sa sexualité avec respect, responsabilité, bienveillance et considération pour le bien-être de tous les êtres concernés.
- Les quatre actions non vertueuses en relation avec la parole -
- Mentir, dire délibérément des choses fausses afin de tromper ou d'abuser autrui.
⇒ La parole vertueuse consiste à dire la vérité avec sincérité, honnêteté et bienveillance, sans chercher à blesser ou à nuire.
- Calomnier, utiliser la parole pour créer la discorde, la division
ou des conflits entre les personnes.
Médire, répandre des rumeurs ou critiquer autrui de manière malveillante.
⇒La parole vertueuse consiste à favoriser l'entente et la réconciliation, à apaiser les conflits et à mettre en valeur les qualités et les aspects positifs de chacun.
- Les paroles dures, employer des mots blessants, grossiers ou agressifs,
proférer des injures ou parler sous l'emprise de la colère.
⇒ La parole vertueuse consiste à s'exprimer avec douceur, respect, bienveillance et compassion, en choisissant des mots appropriés et constructifs.
- Les paroles futiles, se laisser aller à des conversations vaines, frivoles ou inutiles, à des bavardages inconsidérés et sans intérêt véritable.
⇒ La parole vertueuse consiste à faire un usage conscient de la parole, à parler avec discernement et à s'exprimer lorsque cela est utile, juste et bénéfique.
***
Dans les enseignements bouddhiques, la Parole juste est généralement reconnue à travers quatre qualités essentielles :
- être vraie,
- être utile,
- être bienveillante,
- être prononcée au moment opportun.
Avant de parler, il est donc utile de se demander si ce que nous allons dire répond à ces quatre critères. Une parole qui les réunit favorise l'harmonie, la compréhension mutuelle et le bien-être de tous.
- Les trois actions non vertueuses en relation avec l'esprit -
- La convoitise, désirer s'approprier ce que l'on ne possède pas, vouloir obtenir les biens, les avantages ou les qualités qui appartiennent à autrui.
⇒ La pensée vertueuse consiste à être content et satisfait de ce que l'on a et de ce que l'on est. Elle consiste également à se réjouir du bonheur, des réussites et des qualités des autres.
- La malveillance, vouloir nuire ou faire du mal à quelqu'un. Souhaiter qu'un malheur arrive à autrui ou se réjouir de sa souffrance.
⇒ La pensée vertueuse consiste à cultiver des sentiments de bonté, de bienveillance et de compassion envers tous les êtres. Elle souhaite à chacun le bonheur et le bien-être, et demeure libre de la haine, de la méchanceté et de la colère, même envers ceux qui nous ont fait du tort.
- Les vues fausses, soutenir des conceptions erronées de la réalité, refuser de reconnaître les conséquences de ses actes ou nier la loi de cause à effet (karma).
⇒ La pensée vertueuse consiste à chercher à comprendre la réalité telle qu'elle est, en développant la sagesse par l'étude, la réflexion, l'observation et la méditation.
***
Dans le Noble Sentier Octuple, ces trois aspects de l'esprit sont reliés
à la Pensée juste et à la Vue juste.
Elles consistent à développer le renoncement plutôt que l'attachement,
la bienveillance plutôt que la malveillance, et la compréhension juste de la réalité plutôt que les vues erronées.
Ensemble, elles constituent le fondement de la sagesse bouddhique.
Quelques soutras sur les préceptes éthiques.
⇒ Tchounda adhère à des rites de purification brahmaniques, mais le Bouddha lui explique que la réelle purification est toute autre et qu'elle supplante le recours à n'importe quel type de rituel. Il définit également en détail ce qu'il entend par les cinq préceptes, qui sont inclus dans les cheminements d'action avantageux qui sont décrits dans ce soutra.
⇒ Le Veḷudvāreyyasutta (SN 55.7) présente un enseignement du Bouddha adressé à des laïcs : il décrit des attitudes et comportements concrets permettant de vivre en harmonie avec les autres. Le texte insiste sur la non-nuisance, le respect des engagements et la prudence dans la parole et l’action, comme base d’une vie éthique. C’est un rappel pratique que l’éthique bouddhique n’est pas seulement théorique, mais se vit au quotidien par des choix simples et bienveillants.
Dans le bouddhisme, l'éthique repose sur le principe que les actions du corps, de la parole et de l'esprit ont des conséquences pour nous-mêmes, pour les autres ainsi que pour tout ce qui nous entoure (les animaux, l'environnement, etc.).
On distingue deux types d'actions : les actions vertueuses, appelées kusala (terme pali signifiant « sain », « habile », « favorable » ou « bénéfique »), et les actions non vertueuses, appelées akusala (« malsain », « malhabile », « défavorable » ou « nuisible »).
L'éthique bouddhique nous invite à prendre conscience des états d'esprit à partir desquels nous agissons, parlons ou pensons. Elle nous encourage ainsi à devenir responsables tant de nos états mentaux que des conséquences de nos actes.
Cette éthique s'exprime notamment à travers des préceptes (cinq, huit ou dix selon les contextes). Ceux-ci ne constituent pas des règles absolues ni des interdictions imposées par une quelconque autorité humaine ou divine. Ils sont plutôt des principes et des guides de conduite destinés à favoriser une vie juste et harmonieuse.
Leur objectif est de créer les meilleures conditions possibles, tant sur le plan individuel que collectif, afin de soutenir notre propre progression spirituelle ainsi que celle des autres êtres.
Le système bouddhique de discipline éthique n'a pas été conçu comme un ensemble figé de règles. Au contraire, à mesure que la Sangha se développait, le Bouddha instaura progressivement diverses règles de conduite afin de répondre à des situations particulières et de permettre aux moines et aux nonnes de rester concentrés sur leur pratique. Ces règles avaient pour but de les aider à éviter tout ce qui pouvait les détourner ou les distraire de leur cheminement spirituel.
En effet, certaines activités ou certains comportements renforcent l'attachement, le désir, l'aversion, l'agitation ou l'insatisfaction. À l'inverse, d'autres favorisent le calme, la stabilité et la concentration de l'esprit, créant ainsi des conditions propices à la réflexion, à la méditation et à la réalisation de l'Éveil.
La conduite éthique (sila), qui constitue le premier des trois entraînements de la pratique bouddhique, permet de développer la discipline et la maîtrise de soi nécessaires à la pratique de la concentration (samadhi) et au développement de la sagesse (prajna). Ces trois entraînements — éthique, concentration et sagesse — forment ensemble le chemin qui conduit à la libération de la souffrance.
En les cultivant, le pratiquant réduit progressivement les causes de l'attachement et de l'ignorance, cesse de produire le karma qui entretient le cycle des renaissances et s'achemine vers la libération du samsara, le cycle des existences conditionnées.
Le Vinaya, qui constitue le code de discipline monastique, comprend plus de deux cents règles de conduite. Dans la tradition theravāda, il en compte 227 pour les moines (bhikkhus) et 311 pour les nonnes (bhikkhunīs).
Lorsqu'une personne souhaite s'engager officiellement sur la voie du Bouddha, elle « prend refuge » dans le Bouddha, le Dharma (l'enseignement) et la Sangha (la communauté des pratiquants). Cette démarche s'effectue généralement au cours d'une cérémonie simple, durant laquelle elle s'engage également à observer les préceptes éthiques fondamentaux (sīla).
- Les cinq préceptes de base -
. S'abstenir d'ôter la vie à tout être vivant. . S'abstenir de prendre ce qui n'est pas donné. . S'abstenir d'une conduite sexuelle incorrecte ou préjudiciable. . S'abstenir de paroles fausses, malveillantes, blessantes ou inutiles. . S'abstenir de consommer des substances intoxicantes qui troublent la clarté de l'esprit et favorisent l'inattention.
Ces préceptes ne sont pas des commandements, mais des engagements librement consentis destinés à favoriser le bien-être, la paix intérieure et le progrès spirituel.
- Les cinq préceptes ou les cinq entraînements à la Pleine Conscience -
Dans la tradition du Village des Pruniers (Zen vietnamien), les cinq préceptes sont présentés sous une forme contemporaine appelée
les Cinq Entraînements à la Pleine Conscience :
. Protection de la vie
. Bonheur véritable
. Amour véritable
. Parole aimante et écoute profonde
. Transformation et guérison
Ces cinq entraînements constituent une expression moderne de l'éthique bouddhique. Ils invitent chacun à développer la pleine conscience dans ses pensées, ses paroles et ses actions, afin de cultiver la compréhension, la compassion et la responsabilité envers soi-même, les autres et le monde vivant.
Les Cinq Entraînements à la Pleine Conscience en pdf...ICI
⇒ Voir mon article sur les dix actions vertueuses...ICI
***
- Les 14 Entraînements à la Pleine Conscience -
Dans la tradition du Village des Pruniers, les membres de l'Ordre de l'Inter-Être s'engagent à étudier et à pratiquer les 14 Entraînements à la Pleine Conscience. Créés par Thich Nhat Hạnh en 1966, ils constituent une expression moderne des vœux du bodhisattva de la tradition bouddhiste Mahayana. Ils offrent des repères éthiques pour cultiver la compréhension, la compassion, la liberté intérieure et un engagement conscient au service de tous les êtres.
les quatorze entraînements à la pleine conscience, en pdf...ICI
Le Bouddha explique comment toute la pratique découle naturellement étape par étape du développement de la vertu, sans qu'il soit besoin de désirer atteindre l'étape suivante.
Prendre refuge, c'est se tourner avec confiance vers les Trois Joyaux :
le Bouddha (l'Éveillé),
le Dharma (les enseignements du Bouddha),
et la Sangha (la communauté des pratiquants bouddhistes).
Les Trois Joyaux constituent les fondements de la pratique bouddhiste. Ils offrent au pratiquant un appui, une direction et une source d'inspiration pour progresser sur la voie de l'Éveil.
Montagnes et forêts, parcs et jardins, ou sanctuaires.
Mais un tel refuge n'est pas sûr,
Ce n'est pas le meilleur refuge.
Dans un tel refuge, on n'est pas libéré
De toutes les souffrances de l'existence.
Ceux qui prennent refuge
Dans le Bouddha, le Dhamma et le Sangha
Voient avec la sagesse correcte
Les quatre nobles vérités :
La souffrance, son origine, sa cessation
Ainsi que le noble octuple sentier
Qui mène à la cessation de la souffrance.
Ceci est bien un refuge sûr,
C'est le meilleur des refuges.
Dans un tel refuge, on est libéré
De toutes les souffrances de l'existence."
Dans le bouddhisme, prendre refuge est l'acte fondamental par lequel une personne s'engage sur la voie bouddhique. Il ne s'agit pas de chercher un salut extérieur, mais d'orienter sa vie vers ce qui peut conduire à la libération de la souffrance.
- Les Trois Refuges -
Prendre refuge signifie se tourner vers les Trois Joyaux :
1. Le Bouddha
Le Bouddha est celui qui s'est éveillé à la réalité telle qu'elle est. Prendre refuge dans le Bouddha, c'est reconnaître que l'éveil est possible et prendre pour modèle sa sagesse, sa compassion et sa liberté intérieure.
Le Bouddha n'est pas considéré comme un dieu créateur,
mais comme un guide qui montre le chemin.
2. Le Dharma
Le Dharma désigne l'enseignement du Bouddha ainsi que la vérité qu'il a découverte. Il comprend notamment les Quatre Nobles Vérités, la compréhension de l'impermanence et de l'interdépendance, ainsi que les pratiques permettant de progresser sur la voie de l'Éveil.
Prendre refuge dans le Dharma, c'est faire confiance à la pratique et à la compréhension comme moyens de transformation.
3. La Sangha
La Sangha est la communauté de ceux qui pratiquent le Dharma. Traditionnellement, elle désigne les moines et moniales, mais dans un sens plus large elle inclut tous les pratiquants sincères.
Prendre refuge dans la Sangha, c'est reconnaître l'importance du soutien mutuel, de l'exemple et de la communauté sur le chemin spirituel.
- Le sens profond du refuge -
Le mot « refuge » peut donner l'impression que l'on cherche à se protéger du monde. En réalité, il s'agit plutôt de trouver un point d'appui stable au milieu de l'incertitude de l'existence.
Nous cherchons souvent refuge dans des choses impermanentes : la richesse, la réputation, les possessions, les relations ou les opinions. Le bouddhisme enseigne que ces appuis sont fragiles parce qu'ils changent constamment.
Les Trois Joyaux représentent au contraire une direction fiable :
- le Bouddha comme possibilité d'éveil
- le Dharma comme chemin
- la Sangha comme soutien.
- La formule traditionnelle -
Dans de nombreuses traditions bouddhistes, on récite :
Je prends refuge dans le Bouddha.
Je prends refuge dans le Dharma.
Je prends refuge dans la Sangha.
Cette récitation est souvent répétée trois fois, avec attention et sincérité.
Prendre refuge n'est pas seulement une cérémonie.
C'est une pratique quotidienne qui consiste à :
- cultiver la sagesse plutôt que la confusion,
- développer la compassion plutôt que l'égoïsme,
- s'appuyer sur les enseignements plutôt que sur les habitudes inconscientes,
- avancer avec le soutien de la communauté.
Dans ce sens, le refuge n'est pas une fuite du monde, mais une manière d'habiter le monde avec davantage de lucidité, de bienveillance et de stabilité intérieure.
Une belle image utilisée dans la tradition est celle d'un voyageur traversant une montagne : le Bouddha montre le sommet, le Dharma est le sentier, et la Sangha est la compagnie qui marche à nos côtés. Les Trois Joyaux deviennent alors les fondements sur lesquels on prend appui pour avancer sur la voie de l'éveil.
- L'engagement éthiques -
Prendre refuge dans les Trois Joyaux s’accompagne naturellement d’un engagement à suivre une conduite éthique fondée sur la vertu et la discipline morale (sīla). Cet engagement n’est pas une contrainte imposée de l’extérieur, mais un choix conscient de vivre d’une manière qui réduit la souffrance, pour soi-même et pour les autres.
Cet engagement s’exprime à travers les cinq préceptes. Ils constituent la base d’une vie juste et harmonieuse, et soutiennent directement la pratique de la méditation
et du développement de la sagesse.
Les cinq préceptes sont des entraînements, et non des commandements. Ils invitent à cultiver l’attention, la responsabilité et la bienveillance dans les actes du quotidien.
- les cinq préceptes de base -
- S’abstenir de tuer ou de nuire intentionnellement aux êtres vivants..
- S’abstenir de voler ou de prendre ce qui n’est pas donné.
- S'abstenir d'une conduite sexuelle causant du tort.
- S’abstenir de paroles mensongères, calomnieuses, dures, futiles.
- S'abstenir des intoxicants qui obscurcissent l'esprit.
- Le Chant des Trois Refuges -
dans la tradition du village des pruniers (Zen Vietnamien)
Je prends refuge dans le Bouddha,
Celui qui me montre la voie dans cette vie.
Namo Bouddhaya.
Je prends refuge dans le Dharma,
Le chemin de la compréhension et de l'amour.
Namo Dharmaya.
Je prends refuge dans la Sangha,
La communauté qui vit en harmonie
dans la pleine conscience.
Namo Sanghaya.
Prenant refuge dans le Bouddha,
Je vois clairement la voie de beauté, de lumière.
Namo Bouddhaya.
Prenant refuge dans le Dharma,
J'apprends à ouvrir les portes du chemin de transformation.
Namo Dharmaya.
Prenant refuge dans la Sangha,
qui m'éclaire et me soutient, me libérant de toutes illusions.
Namo Sanghaya.
Prenant refuge dans le Bouddha en moi-même,
Je souhaite aider tous les êtres à trouver leur nature d'éveil,
réalisant l'esprit d'amour.
Namo Bouddhaya.
Prenant refuge dans le Dharma en moi-même,
Je souhaite aider tous les êtres à réaliser
et prendre ensemble le chemin de libération.
Namo Dharmaya.
Prenant refuge dans la Sangha en moi-même,
Je souhaite aider tous les êtres à bâtir la noble communauté,