Affichage des articles dont le libellé est Bouddhisme - Dharma. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bouddhisme - Dharma. Afficher tous les articles

mercredi 24 juin 2026

Cultiver les dix actions vertueuses



Sous l'influence des trois poisons mentaux que sont l'ignorance, l'avidité et l'aversion, nous accomplissons de nombreuses actions négatives. Celles-ci se manifestent à travers trois domaines d'expression, traditionnellement appelés les trois portes : le corps, la parole et l'esprit.

Selon la loi du karma, des actions non vertueuses produisent des conséquences douloureuses pour soi-même et pour les autres. À l'inverse, des actions vertueuses engendrent des effets bénéfiques et favorisent le bonheur, la paix intérieure et le développement spirituel.


- Les trois actions non vertueuses en relation avec le corps -

- Tuer, ôter la vie à un être vivant, qu'il s'agisse d'un être humain, d'un animal ou même d'un insecte.

⇒ L'action vertueuse consiste à s'abstenir de tuer, à respecter et à protéger toute forme de vie.

- Voler, prendre ce qui ne nous a pas été donné, que ce soit par la force, la tromperie ou en secret.

 ⇒ L'action vertueuse consiste à respecter les biens d'autrui, à ne prendre que ce qui nous est offert, à cultiver le détachement et à développer la générosité.

- L'inconduite sexuelle, faire un usage inapproprié de la sexualité en causant du tort à soi-même ou à autrui, par exemple par la tromperie, la contrainte ou l'abus.

⇒ L'action vertueuse consiste à vivre sa sexualité avec respect, responsabilité, bienveillance et considération pour le bien-être de tous les êtres concernés.

- Les quatre actions non vertueuses en relation avec la parole -

- Mentir, dire délibérément des choses fausses afin de tromper ou d'abuser autrui.
  
⇒ La parole vertueuse consiste à dire la vérité avec sincérité, honnêteté et bienveillance, sans chercher à blesser ou à nuire.

- Calomnier, utiliser la parole pour créer la discorde, la division 
ou des conflits entre les personnes. 
Médire, répandre des rumeurs ou critiquer autrui de manière malveillante.

⇒ La parole vertueuse consiste à favoriser l'entente et la réconciliation, à apaiser les conflits et à mettre en valeur les qualités et les aspects positifs de chacun.

- Les paroles dures, employer des mots blessants, grossiers ou agressifs, 
proférer des injures ou parler sous l'emprise de la colère.

⇒ La parole vertueuse consiste à s'exprimer avec douceur, respect, bienveillance et compassion, en choisissant des mots appropriés et constructifs.

- Les paroles futiles, se laisser aller à des conversations vaines, frivoles ou inutiles, à des bavardages inconsidérés et sans intérêt véritable.

⇒ La parole vertueuse consiste à faire un usage conscient de la parole, à parler avec discernement et à s'exprimer lorsque cela est utile, juste et bénéfique.

***
Dans les enseignements bouddhiques, la Parole juste est généralement reconnue à travers quatre qualités essentielles :

- être vraie,
- être utile,
- être bienveillante,
- être prononcée au moment opportun.

Avant de parler, il est donc utile de se demander si ce que nous allons dire répond à ces quatre critères. Une parole qui les réunit favorise l'harmonie, la compréhension mutuelle et le bien-être de tous.

- Les trois actions non vertueuses en relation avec l'esprit -

- La convoitise, désirer s'approprier ce que l'on ne possède pas, vouloir obtenir les biens, les avantages ou les qualités qui appartiennent à autrui.

⇒ La pensée vertueuse consiste à être content et satisfait de ce que l'on a et de ce que l'on est. Elle consiste également à se réjouir du bonheur, des réussites et des qualités des autres.

- La malveillance, vouloir nuire ou faire du mal à quelqu'un. Souhaiter qu'un malheur arrive à autrui ou se réjouir de sa souffrance.

⇒ La pensée vertueuse consiste à cultiver des sentiments de bonté, de bienveillance et de compassion envers tous les êtres. Elle souhaite à chacun le bonheur et le bien-être, et demeure libre de la haine, de la méchanceté et de la colère, même envers ceux qui nous ont fait du tort.

- Les vues fausses, soutenir des conceptions erronées de la réalité, refuser de reconnaître les conséquences de ses actes ou nier la loi de cause à effet (karma).

⇒ La pensée vertueuse consiste à chercher à comprendre la réalité telle qu'elle est, en développant la sagesse par l'étude, la réflexion, l'observation et la méditation.

***
Dans le Noble Sentier Octuple, ces trois aspects de l'esprit sont reliés 
à la Pensée juste et à la Vue juste. 
Elles consistent à développer le renoncement plutôt que l'attachement, 
la bienveillance plutôt que la malveillance, et la compréhension juste de la réalité plutôt que les vues erronées. 
Ensemble, elles constituent le fondement de la sagesse bouddhique.


Quelques soutras sur les préceptes éthiques.

⇒ Tchounda adhère à des rites de purification brahmaniques, mais le Bouddha lui explique que la réelle purification est toute autre et qu'elle supplante le recours à n'importe quel type de rituel. Il définit également en détail ce qu'il entend par les cinq préceptes, qui sont inclus dans les cheminements d'action avantageux qui sont décrits dans ce soutra.

⇒ Le Veḷudvāreyyasutta (SN 55.7) présente un enseignement du Bouddha adressé à des laïcs : il décrit des attitudes et comportements concrets permettant de vivre en harmonie avec les autres. Le texte insiste sur la non-nuisance, le respect des engagements et la prudence dans la parole et l’action, comme base d’une vie éthique. C’est un rappel pratique que l’éthique bouddhique n’est pas seulement théorique, mais se vit au quotidien par des choix simples et bienveillants.



⇒ Voir mon article sur l'éthique bouddhiste...ICI


lundi 22 juin 2026

L’éthique bouddhiste


Dans le bouddhisme, l'éthique repose sur le principe que les actions du corps, de la parole et de l'esprit ont des conséquences pour nous-mêmes, pour les autres ainsi que pour tout ce qui nous entoure (les animaux, l'environnement, etc.).

On distingue deux types d'actions : les actions vertueuses, appelées kusala (terme pali signifiant « sain », « habile », « favorable » ou « bénéfique »), et les actions non vertueuses, appelées akusala (« malsain », « malhabile », « défavorable » ou « nuisible »).

L'éthique bouddhique nous invite à prendre conscience des états d'esprit à partir desquels nous agissons, parlons ou pensons. Elle nous encourage ainsi à devenir responsables tant de nos états mentaux que des conséquences de nos actes.

Cette éthique s'exprime notamment à travers des préceptes (cinq, huit ou dix selon les contextes). Ceux-ci ne constituent pas des règles absolues ni des interdictions imposées par une quelconque autorité humaine ou divine. Ils sont plutôt des principes et des guides de conduite destinés à favoriser une vie juste et harmonieuse.

Leur objectif est de créer les meilleures conditions possibles, tant sur le plan individuel que collectif, afin de soutenir notre propre progression spirituelle ainsi que celle des autres êtres.

Le système bouddhique de discipline éthique n'a pas été conçu comme un ensemble figé de règles. Au contraire, à mesure que la Sangha se développait, le Bouddha instaura progressivement diverses règles de conduite afin de répondre à des situations particulières et de permettre aux moines et aux nonnes de rester concentrés sur leur pratique. Ces règles avaient pour but de les aider à éviter tout ce qui pouvait les détourner ou les distraire de leur cheminement spirituel.

En effet, certaines activités ou certains comportements renforcent l'attachement, le désir, l'aversion, l'agitation ou l'insatisfaction. À l'inverse, d'autres favorisent le calme, la stabilité et la concentration de l'esprit, créant ainsi des conditions propices à la réflexion, à la méditation et à la réalisation de l'Éveil.

La conduite éthique (sila), qui constitue le premier des trois entraînements de la pratique bouddhique, permet de développer la discipline et la maîtrise de soi nécessaires à la pratique de la concentration (samadhi) et au développement de la sagesse (prajna). Ces trois entraînements — éthique, concentration et sagesse — forment ensemble le chemin qui conduit à la libération de la souffrance.

En les cultivant, le pratiquant réduit progressivement les causes de l'attachement et de l'ignorance, cesse de produire le karma qui entretient le cycle des renaissances et s'achemine vers la libération du samsara, le cycle des existences conditionnées.

Le Vinaya, qui constitue le code de discipline monastique, comprend plus de deux cents règles de conduite. Dans la tradition theravāda, il en compte 227 pour les moines (bhikkhus) et 311 pour les nonnes (bhikkhunīs).

Lorsqu'une personne souhaite s'engager officiellement sur la voie du Bouddha, elle « prend refuge » dans le Bouddha, le Dharma (l'enseignement) et la Sangha (la communauté des pratiquants). Cette démarche s'effectue généralement au cours d'une cérémonie simple, durant laquelle elle s'engage également à observer les préceptes éthiques fondamentaux (sīla).

- Les cinq préceptes de base -

. S'abstenir d'ôter la vie à tout être vivant.
. S'abstenir de prendre ce qui n'est pas donné.
. S'abstenir d'une conduite sexuelle incorrecte ou préjudiciable.
. S'abstenir de paroles fausses, malveillantes, blessantes ou inutiles.
. S'abstenir de consommer des substances intoxicantes qui troublent la clarté de l'esprit et favorisent l'inattention.

Ces préceptes ne sont pas des commandements, mais des engagements librement consentis destinés à favoriser le bien-être, la paix intérieure et le progrès spirituel.


- Les cinq préceptes ou les cinq entraînements à la Pleine Conscience -

Dans la tradition du Village des Pruniers (Zen vietnamien), les cinq préceptes sont présentés sous une forme contemporaine appelée 
les Cinq Entraînements à la Pleine Conscience :

. Protection de la vie
. Bonheur véritable
. Amour véritable
. Parole aimante et écoute profonde
. Transformation et guérison

Ces cinq entraînements constituent une expression moderne de l'éthique bouddhique. Ils invitent chacun à développer la pleine conscience dans ses pensées, ses paroles et ses actions, afin de cultiver la compréhension, la compassion et la responsabilité envers soi-même, les autres et le monde vivant.


Les Cinq Entraînements à la Pleine Conscience en pdf...ICI

⇒ Voir mon article sur les dix actions vertueuses...ICI

***
- Les 14 Entraînements à la Pleine Conscience -

Dans la tradition du Village des Pruniers, les membres de l'Ordre de l'Inter-Être s'engagent à étudier et à pratiquer les 14 Entraînements à la Pleine Conscience. Créés par Thich Nhat Hạnh en 1966, ils constituent une expression moderne des vœux du bodhisattva de la tradition bouddhiste Mahayana. Ils offrent des repères éthiques pour cultiver la compréhension, la compassion, la liberté intérieure et un engagement conscient au service de tous les êtres.


Commentaires de Thich Nhat Hanh sur 
les quatorze entraînements à la pleine conscience, en pdf...ICI



Le Bouddha explique comment toute la pratique découle naturellement étape par étape du développement de la vertu, sans qu'il soit besoin de désirer atteindre l'étape suivante.




samedi 20 juin 2026

Prendre refuge dans les trois joyaux

 

Prendre refuge, c'est se tourner avec confiance vers les Trois Joyaux :

le Bouddha (l'Éveillé),
le Dharma (les enseignements du Bouddha),
et la Sangha (la communauté des pratiquants bouddhistes).

Les Trois Joyaux constituent les fondements de la pratique bouddhiste. Ils offrent au pratiquant un appui, une direction et une source d'inspiration pour progresser sur la voie de l'Éveil.

Dhammapada -  Les Bouddhas
(chapitre XIV, versets 188 à 192)
Source : Tipitaka.fr

"Lorsqu'ils sont menacés par un danger,
Les hommes cherchent refuge en divers endroits :
Montagnes et forêts, parcs et jardins, ou sanctuaires.

Mais un tel refuge n'est pas sûr,
Ce n'est pas le meilleur refuge.
Dans un tel refuge, on n'est pas libéré
De toutes les souffrances de l'existence.

Ceux qui prennent refuge
Dans le Bouddha, le Dhamma et le Sangha
Voient avec la sagesse correcte
Les quatre nobles vérités :

La souffrance, son origine, sa cessation
Ainsi que le noble octuple sentier
Qui mène à la cessation de la souffrance.

Ceci est bien un refuge sûr,
C'est le meilleur des refuges.
Dans un tel refuge, on est libéré
De toutes les souffrances de l'existence."


Dans le bouddhisme, prendre refuge est l'acte fondamental par lequel une personne s'engage sur la voie bouddhique. Il ne s'agit pas de chercher un salut extérieur, mais d'orienter sa vie vers ce qui peut conduire à la libération de la souffrance.

- Les Trois Refuges -

Prendre refuge signifie se tourner vers les Trois Joyaux :

1. Le Bouddha

Le Bouddha est celui qui s'est éveillé à la réalité telle qu'elle est. Prendre refuge dans le Bouddha, c'est reconnaître que l'éveil est possible et prendre pour modèle sa sagesse, sa compassion et sa liberté intérieure.

Le Bouddha n'est pas considéré comme un dieu créateur, 
mais comme un guide qui montre le chemin.

2. Le Dharma

Le Dharma désigne l'enseignement du Bouddha ainsi que la vérité qu'il a découverte. Il comprend notamment les Quatre Nobles Vérités, la compréhension de l'impermanence et de l'interdépendance, ainsi que les pratiques permettant de progresser sur la voie de l'Éveil.

Prendre refuge dans le Dharma, c'est faire confiance à la pratique et à la compréhension comme moyens de transformation.

3. La Sangha

La Sangha est la communauté de ceux qui pratiquent le Dharma. Traditionnellement, elle désigne les moines et moniales, mais dans un sens plus large elle inclut tous les pratiquants sincères.

Prendre refuge dans la Sangha, c'est reconnaître l'importance du soutien mutuel, de l'exemple et de la communauté sur le chemin spirituel.

- Le sens profond du refuge -

Le mot « refuge » peut donner l'impression que l'on cherche à se protéger du monde. En réalité, il s'agit plutôt de trouver un point d'appui stable au milieu de l'incertitude de l'existence.

Nous cherchons souvent refuge dans des choses impermanentes : la richesse, la réputation, les possessions, les relations ou les opinions. Le bouddhisme enseigne que ces appuis sont fragiles parce qu'ils changent constamment.

Les Trois Joyaux représentent au contraire une direction fiable :

- le Bouddha comme possibilité d'éveil
- le Dharma comme chemin
- la Sangha comme soutien.

- La formule traditionnelle -

Dans de nombreuses traditions bouddhistes, on récite :

 Je prends refuge dans le Bouddha.
Je prends refuge dans le Dharma.
Je prends refuge dans la Sangha.

Cette récitation est souvent répétée trois fois, avec attention et sincérité.

Prendre refuge n'est pas seulement une cérémonie. 
C'est une pratique quotidienne qui consiste à :

- cultiver la sagesse plutôt que la confusion,
- développer la compassion plutôt que l'égoïsme,
- s'appuyer sur les enseignements plutôt que sur les habitudes inconscientes,
- avancer avec le soutien de la communauté.

Dans ce sens, le refuge n'est pas une fuite du monde, mais une manière d'habiter le monde avec davantage de lucidité, de bienveillance et de stabilité intérieure.

Une belle image utilisée dans la tradition est celle d'un voyageur traversant une montagne : le Bouddha montre le sommet, le Dharma est le sentier, et la Sangha est la compagnie qui marche à nos côtés. Les Trois Joyaux deviennent alors les fondements sur lesquels on prend appui pour avancer sur la voie de l'éveil.

- L'engagement éthiques -

Prendre refuge dans les Trois Joyaux s’accompagne naturellement d’un engagement à suivre une conduite éthique fondée sur la vertu et la discipline morale (sīla). Cet engagement n’est pas une contrainte imposée de l’extérieur, mais un choix conscient de vivre d’une manière qui réduit la souffrance, pour soi-même et pour les autres.

Cet engagement s’exprime à travers les cinq préceptes. Ils constituent la base d’une vie juste et harmonieuse, et soutiennent directement la pratique de la méditation 
et du développement de la sagesse.

Les cinq préceptes sont des entraînements, et non des commandements. Ils invitent à cultiver l’attention, la responsabilité et la bienveillance dans les actes du quotidien.

- les cinq préceptes de base -

- S’abstenir de tuer ou de nuire intentionnellement aux êtres vivants..
- S’abstenir de voler ou de prendre ce qui n’est pas donné.
- S'abstenir d'une conduite sexuelle causant du tort.
- S’abstenir de paroles mensongères, calomnieuses, dures, futiles.
- S'abstenir des intoxicants qui obscurcissent l'esprit. 

- Le Chant des Trois Refuges -
dans la tradition du village des pruniers (Zen Vietnamien)

Je prends refuge dans le Bouddha,
Celui qui me montre la voie dans cette vie.
Namo Bouddhaya.

Je prends refuge dans le Dharma,
Le chemin de la compréhension et de l'amour.
Namo Dharmaya.

Je prends refuge dans la Sangha,
La communauté qui vit en harmonie
dans la pleine conscience.
Namo Sanghaya.

Prenant refuge dans le Bouddha,
Je vois clairement la voie de beauté, de lumière.
Namo Bouddhaya.

Prenant refuge dans le Dharma,
J'apprends à ouvrir les portes du chemin de transformation.
Namo Dharmaya.

Prenant refuge dans la Sangha,
qui m'éclaire et me soutient, me libérant de toutes illusions.
Namo Sanghaya.

Prenant refuge dans le Bouddha en moi-même,
Je souhaite aider tous les êtres à trouver leur nature d'éveil,
réalisant l'esprit d'amour.
Namo Bouddhaya.

Prenant refuge dans le Dharma en moi-même,
Je souhaite aider tous les êtres à réaliser
et prendre ensemble le chemin de libération.
Namo Dharmaya.

Prenant refuge dans la Sangha en moi-même,
Je souhaite aider tous les êtres à bâtir la noble communauté,
les embrassant dans leur transformation.
Namo Sanghaya.

***
Le Chant du Refuge (un autre texte)...ICI

Prendre refuge dans les trois joyaux...ICI





jeudi 14 mai 2026

Les quatre états illimités



Dans le Bouddhisme, il y a quatre composantes de l'Amour véritable.
- L'Amour, la Compassion, la Joie, l’Équanimité -
Elles sont aussi connues comme les Quatre Incommensurables ou Brahmavihara, 
c’est-à-dire les demeures sublimes ou divines.

***
Les Quatre Incommensurables

Les Quatre Incommensurables sont quatre qualités du cœur que le bouddhisme invite à cultiver : l'amour bienveillant (Mettā), la compassion (Karuṇā), la joie altruiste (Muditā) et l'équanimité (Upekkhā). Aussi appelées les Brahmavihāra, ou « demeures sublimes », elles constituent la base d'un amour universel et d'une relation plus harmonieuse avec soi-même, avec les autres et avec tous les êtres.

Le Bouddha a enseigné ces quatre qualités comme une pratique permettant d'ouvrir le cœur et de réduire la souffrance. En les développant au quotidien, nous apprenons à vivre avec davantage de sagesse, de sérénité et de bienveillance. 
Bien plus que de simples idéaux, les Quatre Incommensurables sont un véritable chemin de transformation intérieure qui nous aide à cultiver 
la paix de l'esprit et l'éveil du cœur.

1. Apporter le bonheur : Maitrī

Le premier élément de l'Amour véritable est Maitrī, en sanskrit, ou Mettā, en pāli. 
Il signifie amour bienveillant, bienveillance, bonté ou amitié aimante. 

C'est un amour inconditionnel, la volonté sincère d'offrir du bonheur aux autres, sans attachement possessif, et de souhaiter que tous les êtres soient heureux et connaissent les causes du bonheur. 

Cette bienveillance ne se limite pas à notre famille, à nos amis ou à ceux que nous apprécions. Elle est cultivée envers tous les êtres, sans discrimination. 

Pratiquer Maitrī, c'est apprendre à ouvrir son cœur avec générosité et simplicité, en développant des pensées, des paroles et des actions qui favorisent le bonheur et le bien-être de chacun. C'est reconnaître que le bonheur des autres est aussi important que le nôtre et contribuer, à notre mesure, à le faire grandir.

Maitrī constitue la première demeure sublime et le fondement de l'Amour véritable.

2. Soulager la souffrance : Karuṇā

Le deuxième élément de l'Amour véritable est Karuṇā, que l'on traduit par compassion. C'est l'intention et la volonté sincère de soulager la souffrance d'autrui.

La compassion ne consiste pas seulement à ressentir de l'empathie face à la douleur des autres, mais aussi à comprendre la nature de cette souffrance et à chercher les moyens de l'apaiser et de la transformer.

Karuṇā naît de la capacité à reconnaître que chacun, à un moment ou à un autre, traverse des difficultés, des peines ou des épreuves. 
Cette qualité nous invite à ouvrir notre cœur et à répondre avec bienveillance plutôt qu'avec indifférence ou jugement. 
Elle est cultivée envers tous les êtres, sans distinction ni exclusion. 

Dans la tradition bouddhiste, Karuṇā est l'aspiration profonde que tous les êtres soient libérés de la souffrance et des causes de la souffrance. 
Ainsi, elle constitue la deuxième demeure sublime et complète naturellement l'amour bienveillant de Maitrī.

3. Cultiver la joie : Muditā

La troisième composante de l'Amour véritable est Muditā, que l'on traduit par joie altruiste ou joie empathique. C'est une joie paisible et bienveillante, faite de contentement, que l'on ressent lorsque les autres sont heureux. 

Elle consiste à se réjouir sincèrement du bonheur, de la réussite et de l'épanouissement d'autrui, sans jalousie, sans comparaison et sans attachement.

Muditā nous invite également à apprécier notre propre bonheur avec gratitude et simplicité. Cette qualité nous aide à développer un cœur ouvert, capable de partager la joie des autres comme si elle était la nôtre.

Elle transforme l'envie et la rivalité en bienveillance et en réjouissance sincère.

Cultivée envers tous les êtres, sans distinction ni exclusion, Muditā favorise l'harmonie dans nos relations et nourrit un profond sentiment de connexion avec les autres. Elle constitue la troisième demeure sublime et complète naturellement l'amour bienveillant et la compassion.

4. L’égalité d’esprit : Upekkhā

Le quatrième élément de l'Amour véritable est Upekkhā en pāli, ou Upekṣā en sanskrit, que l'on traduit par équanimité. 

C'est une qualité d'égalité d'esprit, de non-attachement, de non-discrimination et de lâcher-prise, associée à la sagesse et à la compréhension. 
Grâce à elle, notre cœur demeure ouvert face à ce qui est agréable comme à ce qui est désagréable, et nous apprenons à accueillir les choses telles qu'elles sont réellement. 
Upekkhā nous invite à prendre du recul par rapport à nos préférences, à nos jugements et à nos réactions habituelles. Elle est aussi la capacité de regarder chaque être avec la même attention bienveillante, sans favoritisme ni exclusion.

Dans les situations difficiles ou conflictuelles, elle nous aide à rester calmes, lucides et capables de comprendre les différents points de vue. Cultivée envers tous les êtres, elle favorise la paix intérieure et des relations plus harmonieuses.

Upekkhā constitue la quatrième demeure sublime et vient équilibrer l'amour bienveillant, la compassion et la joie altruiste.

Une voie d’amour universel

Les Quatre Incommensurables nous rappellent que l'amour véritable est un chemin de transformation intérieure. En cultivant l'amour bienveillant, la compassion, la joie altruiste et l'équanimité, nous apprenons peu à peu à vivre en harmonie avec nous-mêmes, avec les autres et avec le monde. Elles nous invitent à développer les plus belles qualités humaines et à faire de notre vie une expression de sagesse, de paix et de bienveillance.

***
- Puissent tous les êtres obtenir le bonheur et les causes du bonheur.
- Puissent tous les êtres être libérés de la souffrance et des causes de la souffrance.
- Puissent tous les êtres ne jamais être séparés du bonheur.
- Puissent tous les êtres demeurer dans l’équanimité, 
libres de l’attachement et de l’aversion.

***
Enseignement de Sœur Giác Nghiêm (17.04.2018)
les quatre états illimités : L'Amour, la Compassion, la Joie, l’Équanimité 
à 1:22:00 de la vidéo.




lundi 6 avril 2026

Le noble sentier octuple


Le Noble Sentier Octuple est au cœur de l’enseignement du Bouddha, symbolisé par une roue à huit rayons, il est le chemin, la voie qui mène à la libération totale et définitive de la souffrance, de l'insatisfaction et du mal-être (dukkha) et qui conduit à la connaissance, au calme, à la vision profonde, à la délivrance (nibbana ou nirvana).

L'octuple sentier se divise en trois catégories :

- La sagesse (prajna), l’aptitude à discerner dans nos comportements ce qui est bénéfique et ce qui est nuisible, distinguer le vrai du faux. C'est la compréhension de la vraie nature de la réalité et l'entrainement de la pensée afin de développer la connaissance.

- L'éthique (sila), la discipline morale qui consiste à développer une attitude vertueuse dans nos relations avec les autres et conduit à la paix mentale.

- La concentration (samadhi), pour apprendre à discipliner, à focaliser notre esprit par la pratique de la méditation, de l'attention, de la pleine conscience et développer la clarté et la paix intérieure.

- La sagesse (prajna) -

1/La compréhension juste

Le chemin du Bouddha est fondé sur le bon sens et l'observation attentive de la réalité. Il savait que si nous ouvrons nos yeux et regardons attentivement notre vie, nous comprendrons que les choix que nous faisons conduisent soit au bonheur, soit au malheur. 

Une fois ce principe pleinement compris, nous ferons de bon choix, parce que nous voulons être heureux. Quoi que nous fassions, la première chose est de savoir pourquoi nous le faisons. C'est pourquoi le Bouddha a fait de la compréhension juste le premier pas de son chemin vers le bonheur.

La compréhension juste consiste à voir les choses, non pas telles qu'elles paraissent mais dans leur véritable nature comme cela est expliqué dans les quatre nobles vérités.

La compréhension juste, 
c'est la compréhension des
 quatre nobles vérités
 :

1/ comprendre la souffrance (dukkha)
2/ comprendre l'origine de la souffrance (samudaya)
3/ comprendre l'extinction de la souffrance (nirodha)
4/ comprendre le chemin conduisant à l'extinction de la souffrance (magga)

La compréhension juste c'est aussi la compréhension de la loi de cause et d'effet (Kamma ou Karma, nos actes, nos actions ont des conséquences). C'est l'intention, la motivation, l'action volontaire qui crée du karma positif/bénéfique ou négatif/non bénéfique selon nos pensées, nos paroles ou nos actes.

L’aspect le plus important du karma est sa capacité à produire des résultats correspondant à la qualité éthique (sila) de l’acte, les actes non-bénéfiques deviennent souffrance, et les actes bénéfiques deviennent bonheur.

Voir l'article sur les quatre nobles vérités...ICI

***
- "Le mûrissement n’arrive pas nécessairement tout de suite, pas forcément dans la vie présente. Le karma peut opérer à travers les vies successives ; il peut même rester dormant pendant un temps infini dans le futur. Mais, chaque fois que nous effectuons un acte délibéré, intentionnel, la volonté laisse son empreinte sur le continuum mental où elle reste un potentiel emmagasiné. Quand le karma emmagasiné rencontre des conditions favorables à sa maturation, il sort de sa condition dormante et déclenche un effet qui compense dûment l’acte originel. Le mûrissement peut avoir lieu durant cette vie, la vie prochaine, ou une autre vie future. Un karma peut conduire à la renaissance dans une existence future, déterminant ainsi la forme que prendra notre vie ; ou il peut mûrir tout au long d’une vie, déterminant nos différentes expériences de bonheur et de peine, de succès et d’échec, de progrès et de déclin. Mais quels que soient le moment et la manière dont il mûrit, les mêmes principes sont à l’œuvre : les actions bénéfiques donnent des résultats bénéfiques et les actions non-bénéfiques donnent des résultats non-bénéfiques." Source : https://portail-dhamma.com/la-comprehension-juste-samma-ditthi
***
2/La pensée juste

La pensée juste ou intention juste, consiste à intervenir sur notre volonté, c'est-à-dire sur ce qui précède et motive nos actions, ainsi que sur notre capacité à maîtriser nos émotions, car nos pensées sont à l'origine de nos comportements et nous entraînent soit vers le bonheur, soit vers plus de souffrance pour nous-mêmes et pour autrui.

Quand nous comprenons que le désir des plaisirs des sens est la cause de l'insatisfaction, nous voyons que les pensées liées à l'attachement et à l'aversion rendent toujours malheureux.

La pensée juste consiste à abandonner les pensées négatives, telles que la convoitise, la malveillance, la haine, la colère, la méchanceté, l'envie, la jalousie, l'égoïsme... Et à les remplacer par des pensées de bonté, de bienveillance, de compassion et de non-violence envers tous les êtres, ainsi que des pensées de contentement, de générosité, de gratitude et à comprendre ce qui est juste, ce qui est vrai, à comprendre la réalité en développant la sagesse.

***

-"Le Bouddha explique l’Intention Juste en trois aspects : l’intention de renoncement, l’intention de bienveillance et l’intention de ne pas blesser. Ces trois aspects sont opposés aux trois aspects de l’intention erronée : l’intention animée par le désir, l’intention animée par la malveillance et l’intention animée par l’intention de blesser. Chaque aspect de l’Intention Juste neutralise l’aspect correspondant de l’intention erronée. L’intention de renoncement neutralise l’intention de désir, l’intention de bienveillance neutralise l’intention de malveillance, et l’intention de ne pas blesser neutralise l’intention de faire du mal." Source : https://portail-dhamma.com/lintention-juste-samma-sankappa

Le noble sentier octuple

- L'éthique (sila) -

3/La parole juste

"Conscient(e) de la souffrance provoquée par des paroles irréfléchies et par l’incapacité à écouter autrui, je suis déterminé(e) à apprendre à parler à tous avec amour afin de les soulager de leurs peines et de leur transmettre joie et bonheur. Sachant que la parole peut être source de bonheur comme de souffrance, je suis déterminé à parler avec sincérité, en employant des mots qui inspirent à chacun la confiance en soi, la joie et l’espoir..." 

***
La parole juste, c'est éviter de dire des mensonges, de médire, de calomnier et de toutes paroles susceptibles de causer la haine, la désunion, la discorde entre les individus ou groupes de personnes, c'est aussi s'abstenir de paroles dures, impolis, malveillantes, injurieuses, grossières, ainsi que de tous commérages et bavardages futiles, inutiles ou vains. 

La pratique de la parole juste consiste à parler de manière vraie, authentique et réfléchi, en employant des mots amicaux, bienveillants, agréables, doux, qui aient du sens et qui soient utiles.

***
4/L'action juste

"Ne considère pas légèrement les mauvaises actions,
En pensant: 'Un petit peu ne m'affectera pas'.
Tel une jarre d'eau remplie par des gouttes de pluie,
L'ignare se remplit de mal, l'accumulant petit à petit."
(Bouddha - DhpIX-121)

"Ne considère pas légèrement les bonnes actions,
En pensant: 'Un petit peu ne m'affectera pas'.
Tel une jarre d'eau remplie par des gouttes de pluie,
Le sage se remplit de mérite, l'accumulant petit à petit."
(Bouddha - DhpIX-122)

Source : tipitaka.fr

***

L'action juste consiste à s'abstenir de tuer un être vivant, de détruire la vie intentionnellement, délibérément, d’un être doté d’une conscience, cela inclut les êtres humains, les animaux et les insectes...

L'action juste consiste aussi à s'abstenir de voler ou de prendre ce que l'on ne nous a pas donné, à éviter l'inconduite sexuelle ou le mauvais usage des sens, ainsi que la consommation d'alcool ou de toutes substances qui troublent la conscience.

L'action juste vise à promouvoir une conduite honorable et pacifique, empreinte de compassion et de respect envers toute forme de vie car tous les êtres veulent vivre et la vie est leur bien le plus précieux. 

Apprendre à être honnête, généreux, satisfait de ce que l'on a, à respecter la propriété d'autrui, à avoir une sexualité basée sur le respect, l'amour et l'engagement à long terme.

***
5/Les moyens d'existence justes

Les moyens d'existence justes concernent nos moyens de subsistance, notre profession, ainsi que notre vie relationnelle et sociale. On s'abstiendra de toutes activités susceptibles de nuire aux autres, de faire du mal ou de tuer des êtres vivants, de créer de la souffrance, comme la fabrication, la vente ou l'usage d'armes, le commerce d'animaux, de viande, de boissons alcooliques, d'intoxicants, de drogues ou de poisons... Tout ce qui est illégal, violent, frauduleux ou nuisible à autrui est à éviter.

Pour pratiquer les moyens d'existence justes, il est important de trouver une activité, une profession qui respecte les cinq préceptes de moralité ou les cinq entraînements à la pleine conscience : 

- s'abstenir de tuer,
- s'abstenir de voler,
- s'abstenir de paroles mensongères,
- s'abstenir de conduites sexuelles incorrectes,
- s'abstenir de consommer de l'alcool
ou de toutes substances qui troublent la conscience.

Le noble sentier octuple

- La méditation (samadhi) -

6/L' effort juste

Avec l'effort juste, le pratiquant doit observer son esprit afin de surmonter et de vaincre les états d'esprit négatifs comme la colère, la malveillance, l'attachement, la jalousie, l'orgueil, qui nous entraîne vers la souffrance, et s'efforcer de développer et de maintenir les états d'esprit positifs, basés sur l'amour, la bienveillance et la compassion.  

Les quatre aspects de l'effort juste :

- Empêcher l'apparition des états d'esprit négatifs qui ne se sont pas encore manifestés.

- Surmonter les états d'esprit négatifs déjà existant.

- Faire apparaître les états d'esprit positifs qui n'existent pas encore. 

- Maintenir et développer à la perfection les états d'esprit positifs déjà présents.

***
7/L'attention juste

L’attention juste ou pleine conscience consiste à ramener son attention sur l'instant présent, à prendre conscience de ce qui se passe dans notre corps, dans notre esprit, à observer nos sensations, nos pensées et nos émotions à chaque instant.

Les quatre fondement de l'attention juste

- L'attention au corps physique : Les trois pratiques essentielles de l'attention au corps sont l'attention à la respiration, l'attention à la posture et l'attention aux parties du corps.

- L'attention aux sensations : Les sensations, les ressentis peuvent être agréables, désagréables ou neutres. Si c’est agréable, ne pas s’y attacher, si c’est désagréable, ne pas la rejeter, mais être capable de reconnaître la sensation et d’aller au-delà.

- L'attention à l'état d'esprit : L'attention à l'esprit consiste à surveiller l'apparition et la disparition des différents états mentaux, à être conscient de l’émotion dans laquelle nous nous trouvons et à éviter de réagir de manière impulsive. 

Le Bouddha mentionne 16 sortes d'état d'esprit (citta) qui peuvent être notés, observés :
- l’esprit avec convoitise (avidité), l’esprit sans convoitise, 
- l’esprit avec aversion, l’esprit sans aversion, 
- l’esprit dans l’illusion, l’esprit libre de l’illusion, 
- l’esprit contracté (posé, calme), l’esprit éparpillé (dispersé), 
- l’esprit développé (ouvert), l’esprit non développé (limité), 
- l'esprit surpassable (capable de progresser), l'esprit insurpassable, 
- l'esprit concentré, l'esprit non concentré, 
- l'esprit libéré, l'esprit non libéré

- L'attention aux objets mentaux : L'attention aux objets mentaux concerne toutes nos pensées, nos souvenirs, images mentales, nos activités mentales conscientes. La pratique consiste à être attentif à toute pensée qui apparaît, à prendre conscience de sa présence et à observer sa dissolution.

L'attention aux objets mentaux concerne cinq catégories :

 - Les cinq entraves ou obstacles : (le désir sensuel, la malveillance (aversion), la torpeur (léthargie, paresse), l'agitation (inquiétude), le doute)

- Les cinq agrégats d'attachement : (la forme, les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience sensorielle)

- Les six sphères des sens : (l’œil, l'oreille, le nez, la langue, le corps et le mental)

- Les sept facteurs d'Éveil : (l'attention, l'investigation, l'énergie, la joie, la tranquillité, la concentration et l'équanimité)

- Les quatre nobles vérités : (la souffrance, son origine, sa cessation, et la voie qui mène à la cessation de la souffrance). Voir l'article...ICI


***

Maha Satipatthana Sutta
Le grand discours sur l'établissement de l'attention

Le Mahāsatipaṭṭhāna Sutta est une référence fondamentale dans l'enseignement du Bouddha, car il expose en détail ce qu'il décrivait comme la voie la plus directe menant à Nibbāna. Ce long discours décrit les instructions relatives aux différentes pratiques de méditations recommandées par le Bouddha, et contient également une explication détaillée des quatre nobles vérités. 
Maha Satipatthana Sutta...ICI ou ICI

Le noble sentier octuple

8/La concentration juste

Le huitième et dernier aspect de l'octuple sentier, c'est la pratique de la concentration juste (la méditation) qui permet de fixer l'esprit sur un seul point, comme par exemple la respiration ou un autre objet et l'y maintenir dans le but de ne plus être distrait par les pensées, le bavardage mental et de pouvoir observer tout ce qui se passe dans l'instant présent.

La pratique de la méditation comporte quatre stades, 
les quatre étapes de Dhyana ou Jhana (absorption).

La concentration n’est pas atteinte tout d’un coup, 
elle se développe par étapes.

Les jhana sont décrits comme des degrés de concentration qui suppriment progressivement les obstacles mentaux (sensualité, aversion, agitation, paresse, doute) tout en développant des facteurs positifs.

1er jhāna : concentration et persévérance

Le premier jhāna apporte cinq facteurs : 

1) Premier effort d’attention posé sur l’objet de méditation.
2) Attention (effort) soutenue sur ce même objet.
3) Joie.
4) Bonheur.
5) Concentration sur un point unique.

Dans ce premier degré d’absorption, l’esprit, libéré des plaisirs grossiers et des distractions, se stabilise sur un objet, accompagné d'une joie légère, du bien‑être et d’un effort soutenu de l’attention.

2e jhāna : joie et bonheur

À la seconde étape nous sommes maintenant très conscients que les sensations physiques agréables sont plus subtiles, tandis que la joie intérieure devient l’objet principal de notre attention.

On se sent clair, détendu, il donne confiance en soi et une sensation de sécurité intérieure.

3e jhāna : bonheur et unification

À la troisième étape, le sentiment de joie, qui est une sensation active, disparaît et l’on entre dans un contentement profond, sans plus de désir, tandis que persiste la concentration, la conscience lucide, la disposition de bien‑être et une équanimité consciente.

4e jhāna : unification et équanimité

Le quatrième jhāna est décrit comme une paix tellement profonde que l’esprit ne peut plus verbaliser ce qu’est la paix : il ne fait plus qu’être en repos total. Toute sensation, même de bonheur, disparaît, seules l’équanimité et la pure attention demeurent. C’est le degré d’unification absolu, maximum possible pour la conscience.

➤ Pourtant, même ces états de sérénité très élevés, aussi exaltants soient‑ils, ne contiennent pas la sagesse de la vision claire et ne suffisent pas à atteindre la délivrance.

La sagesse correspond aux deux premiers facteurs de la voie : la Compréhension juste et la Pensée (intention) juste, qui donnent une direction correcte à toute la pratique. Elle commence avec une compréhension conceptuelle des Quatre Nobles Vérités, puis se transforme en sagesse directe à mesure que la vertu et la concentration purifient l’esprit. 

La concentration protège l’esprit des obstacles grossiers, mais ne suffit pas seule à les éradiquer : c’est la sagesse qui perçoit l’impermanence, la souffrance et le non‑soi des phénomènes et permet la libération.

➤ La concentration calme et unifie l’esprit, et la sagesse utilise ce calme pour observer la réalité et couper les racines de l’ignorance.

➤ Les jhāna sont accessibles à tous, et chaque pas vers plus de calme est déjà bénéfique. Notre esprit est habituellement envahi de pensées superficielles, plutôt que relié à sa source intérieure, et c’est seulement dans le calme profond que l’on peut retrouver “ce qui sait” en nous et donner un sens authentique à la vie.

Le noble sentier octuple

L’octuple sentier 
1ère partie (Jeanne Schut)

Sagesses Bouddhistes propose de revenir sur l’un des enseignements essentiels du Bouddha, appelé « l’octuple sentier » que symbolisent les huit rayons de la roue du Dharma. Enseignement qui constitue le cœur même de l’enseignement du bouddha et le modèle de toutes pratiques bouddhistes.


L’octuple sentier
2ème partie (Jeanne Schut)

Sagesses Bouddhistes poursuit son étude de l’octuple sentier, un des enseignements fondamentaux du Bouddha qui relie 8 étapes essentielles afin de pratiquer la voie du Dharma. Jeanne Schut, au cours de cette émission, développera trois étapes importantes de l’octuple sentier qui sont : 
la parole juste, l’attention juste et la compréhension juste.


Le noble sentier octuple

- Livres -

Les huit marches vers le bonheur : 
Trouver la paix du cœur, la compassion et la sagesse
Vénérable Hénépola Gunaratana (Auteur)


Le Premier Enseignement du Bouddha
Le sermon de Bénarès
Rewata Dhamma (Auteur)


Le noble sentier octuple