compagnons ascètes à Isipatana (Sarnath) près de Bénarès pour leur
expliquer sa découverte et partager avec eux son expérience. Il mit ainsi en
mouvement "la roue du Dharma" en donnant son premier enseignement.
cakkappavattana sutta) constitue le fondement et le cœur de la voie du
Bouddha, il est indispensable de bien en comprendre le contenu, car
tous les autres enseignements en dérivent.
processus des soins dispensés de la part d'un médecin :
La première vérité constate la maladie, les symptômes.
La deuxième en établit le diagnostic, la cause.
La troisième annonce que la guérison est possible.
La quatrième donne le traitement, le remède.
1/ La noble vérité de la souffrance :
La première noble vérité énoncée par le Bouddha montre l'universalité
de l'expérience de la souffrance (dukkha).
- La vieillesse est dukkha,
- La maladie est dukkha,
- La mort est dukkha,
- Etre uni à ce que l'on n'aime pas est dukkha,
- Etre séparé de ce que l'on aime est dukkha,
- Ne pas obtenir ce que l'on désire est dukkha.
- En résumé, les cinq agrégats (la forme, les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience) d'attachement sont dukkha.
Cette première noble vérité doit être comprise, si l'on ne comprend pas dukkha, on a peu de chance d'être incité à faire un effort pour pratiquer la voie menant à la libération de la souffrance.
2/ La noble vérité de la cause de la souffrance :
***
La souffrance trouve son origine dans le désir et l'attachement (objets matériels, personnes, idées, opinions, statut social, réputation...). Le désir de ce que l'on n'a pas, de ce qui semble nous manquer et l'attachement à ce que l'on a et que l'on veut garder en notre possession plus ou moins fortement.
L’insatisfaction est une source de souffrance continuelle, elle est sans cesse stimulée par cette soif immense de vouloir satisfaire tous les désirs.
***
Le désir et l'attachement peuvent être décrit dans ce que le bouddhisme appelle les huit dharma mondains, huit aspects qui font le tour de toutes les expériences et qui d'une manière ou d'une autre engendre de la souffrance :
- Désirer le bonheur et craindre le malheur, la souffrance.
- Obtenir ce qu'on veut (gain) et avoir peur de perdre (perte).
- Rechercher la louange, être valorisé et redouter les critiques, les blâmes.
- Chercher le reconnaissance, de l'attention et avoir peur d'être ignoré.
***
La deuxième noble vérité établit donc que l'origine est l’attachement à trois sortes de désirs (soif) :
- La soif des plaisirs des sens
- La soif du devenir ou d'existence
- La soif d'annihilation ou de non-existence
Le terme "soif" comprend non seulement le désir et l'attachement aux plaisirs des sens, à la richesse, à la puissance, mais aussi l'attachement aux idées, aux idéaux, aux opinions, aux théories, aux conceptions, aux croyances...
C'est cette soif, ce désir, cette avidité qui est la cause principale, immédiate de la souffrance, et en se manifestant de manières variées, donne naissance à toutes les formes de souffrance et à la continuité des êtres.
Cette soif, ce désir est lui-même conditionné, lié à des causes. La première cause c'est l'ignorance qui entraîne les formations karmiques qui engendre la conscience, laquelle crée le nom et la forme, à l'origine des six sens. Les six sens donnent lieu au contact, et le contact à la sensation. Celle-ci provoque la soif ou le désir qui se transforme en saisie ou attachement. La saisie devient le devenir ou pulsion vers l'existence qui conduit à la naissance, puis à la vieillesse et la mort.
Ces douze liens interdépendants sont à l'origine de la souffrance car, selon l'enseignement du Bouddha, tout est relatif et interdépendant.
Ainsi, le désir, la "soif", n'est ni la première, ni l'unique cause de
l'apparition de la souffrance, de l'insatisfaction (dukkha).
Mais c'est la cause la plus palpable et la plus immédiate.
Tant que notre esprit est envahi par l'ignorance, la confusion mentale, la colère, la haine, le désir, l'orgueil, la jalousie... nous ne trouverons pas un moment de paix, ni le véritable bonheur libre de la souffrance.
3/ La noble vérité de la cessation de la souffrance :
***
La troisième noble vérité nous enseigne que nous pouvons nous libérer de la souffrance puisque celle-ci est issue de causes et de conditions.
Elle enseigne qu’il est possible de mettre fin à la souffrance en éliminant ses causes, c’est-à-dire en se libérant de la soif, de l’attachement aux désirs et, plus profondément encore, en mettant fin à l’ignorance.
En les connaissant, nous pouvons agir sur ces causes et ces conditions, et progressivement les transformer et atteindre le nirvana (sanskrit) ou nibbana (en pali), l'état de libération de la souffrance, l'extinction de la "soif", du feu des passions, des attachements, de l'avidité, des conditionnements et mettre fin au cycle des renaissances (samsara),
Le nirvana c'est la paix ultime de l'esprit, le bonheur suprême, c'est la fraîcheur du cœur quand le feu du désir, les passions, les perturbations mentales, les réactions émotionnelles, les attachements et les conditionnements cessent.
Le nibbana (ou nirvana) est l’objectif ultime du bouddhisme. Il représente l’état de libération totale et la fin de la souffrance.
https://www.dhammadelaforet.org/sommaire/bb/nibbana_pour_tous.html
https://vivekarama.fr/les-enseignements-du-bouddha/nibbana
https://bica-vipassana.blogspot.com/2007/07/nibbna.html
4/ La noble vérité du chemin qui mêne
à la cessation de la souffrance :
Le Noble Sentier Octuple est le chemin, la voie qui mène à la libération totale et définitive de la souffrance, de l'insatisfaction, du mal-être (dukkha), qui conduit à la connaissance, la sagesse, à la vision profonde (l'Éveil), et à la paix ultime, au bonheur suprême (nirvana ou nibbana) dont la saveur peut être expérimentée dans cette vie même.
L'Éveil, c'est la fin de l'ignorance, de l'illusion, c'est réaliser la sagesse, la connaissance directe et non conceptuelle de la réalité, c'est la libération de tous les états conditionnés, de tous les attachements. Il est au delà de nos conceptions dualistes du bien et du mal, du juste et de l'injuste, de l'existence et de la non-existence.
Celui qui a réalisé l'Éveil est libéré de toutes les obsessions, des tracas, des difficultés et des problèmes qui tourmentent les autres.
Il ne regrette pas le passé, il ne se préoccupe pas de l'avenir, il vit dans l'instant présent. Il est joyeux, serein et paisible. Il est libre des désirs égoïstes, de haine, d'avidité, d'orgueil, de malveillance et de toutes les émotions perturbatrices. Il est plein d'un amour universel, de compassion, de bonté, de sympathie, de compréhension et de tolérance. Il rend service aux autres de la manière la plus désintéressé, car il n'a pas de pensée pour lui-même, ne cherchant aucun gain, n'accumulant rien, même les biens spirituels, parce qu'il est libéré de l'illusion du Soi.
***
L'Octuple Sentier est également appelé « la voie du milieu »,
car il évite les deux extrêmes que sont d'une part la poursuite du bonheur dans la dépendance du plaisir des sens et d'autre part la poursuite de la libération dans la pratique de l'ascétisme et de la mortification.
L'Octuple Sentier enseigné par le Bouddha se divise en trois catégories :
***
"Les quatre Nobles Vérités constituent le socle sur lequel reposent toutes les traditions bouddhistes, tous courants confondus. De l'origine de la souffrance à sa cessation, elle tracent le chemin vers l'Eveil, passant par l'Octuple Chemin."
https://www.dhammadelaforet.org/sommaire/sutta_tipaka/txt/dhammacakkappavattana_js.html
https://plumvillage.org/fr/ressources/sutra-fr/soutra-de-la-mise-en-mouvement-de-la-roue-du-dharma

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire